La Poste riposte
Les incivilités, verbales et comportementales, augmentent dans toute la société française avec des conséquences tant sur la qualité de vie au travail des personnes concernées que sur le service rendu aux clients. Particulièrement engagée depuis 2023 dans la lutte contre les incivilités externes, la BSCC amplifie sa mobilisation avec la campagne « La Poste riposte », créée par la direction de la Communication. Coup de projecteur sur une mobilisation d’ampleur.
Les incivilités sont des comportements qui transgressent les normes sociales et les règles qui régissent notre vie en société. Elles vont de marques d’impolitesse à des comportements agressifs, voire à des actes délictueux ou criminels.
Un phénomène en hausse présentant des formes diverses
Les personnes travaillant quotidiennement au contact du public sont particulièrement confrontées aux incivilités, en forte progression depuis la crise sanitaire de la Covid-19. La Poste n’échappe pas à ce phénomène.
Comme les postiers dans les bureaux de poste, les factrices et les facteurs y sont exposés lors de leurs tournées. Injures, menaces, actes sexistes, incivilités routières, elles revêtent des formes multiples. Or, chacune et chacun mérite respect et sécurité dans l’exercice de ses missions.
Une mobilisation de longue date
Parce qu’il n’est ni normal ni acceptable de se faire insulter, menacer, encore moins agresser physiquement, La Poste a pris toute la mesure de l’enjeu et intensifie ses actions depuis 2023. Avec des résultats à la clé puisque les signalements ont progressé de 70 % depuis 2021. L’impact de sa mobilisation se traduit aussi par la hausse des condamnations pour des agressions commises envers les postiers : 47 ont été prononcées depuis 2023, dont 22 en 2025. Enfin, pour enrayer le phénomène, les postiers ont été formés, dont 2 500 sur la seule année 2025, afin d’appréhender ce que sont les incivilités et d’acquérir des réflexes et comportements pour y répondre et s’en protéger. De leur côté, les managers ont suivi des formations adaptées, incluant un module spécifique pour mieux accompagner leurs collaborateurs victimes.
100 % des incivilités doivent être signalées
Dans le cadre du volet Protéger du programme Échangeons, la lutte contre les incivilités externes se poursuit avec une campagne nationale « La Poste riposte ». Déployée dans tous nos établissements, elle réaffirme avec force le principe de tolérance zéro. L’objectif visé est double. Le premier est d’inciter les postières et les postiers à signaler systématiquement toute incivilité à leur hiérarchie. En effet, c’est grâce aux signalements que les actions de prévention sont adaptées pour faire face à la hausse de nouveaux types d’incivilités telles que les publications malveillantes sur les réseaux sociaux, en hausse en 2025. La campagne rappelle ainsi que 100 % des incivilités doivent être remontées auprès des managers. Le deuxième objectif est de rassurer les victimes sur le fait qu’elles ne sont pas seules face aux incivilités. Chacune d’elles peut compter sur une écoute attentive et un accompagnement renforcé de son manager ou des psychologues, qui prend effet dès l’agression et dure jusqu’aux démarches judiciaires le cas échéant.
Sensibiliser, libérer la parole et renforcer l’accompagnement
Cette campagne vise donc à sensibiliser, à libérer la parole et à mieux accompagner les victimes. Les moyens déployés sont à la hauteur de l’enjeu : implication de toute la ligne managériale, des équipes médico‑sociales et RH avec, pour les agressions les plus graves, un appui juridique. Lorsqu’un postier détecte une situation risquée, il doit immédiatement en informer son manager. Impliqué à ses côtés, ce dernier a toute liberté pour prendre les mesures adéquates : communiquer avec les forces de l’ordre, prendre contact avec les clients concernés ou lui demander de ne pas se rendre dans un lieu où sa sécurité ne serait pas assurée.
La campagne de communication, quant à elle, se déploie dans l’ensemble des DEX et des établissements. Elle se décline tout au long de l’année autour de trois thématiques : les menaces et les insultes en avril ; les actes à caractère sexuel ou sexiste en juin avant l’été et les incivilités routières à la rentrée, en amont de la peak period. Des affiches incitent à faire du signalement un réflexe, quelle que soit la nature de l’incivilité. Pour la première fois, un relais sur les réseaux sociaux vise à toucher les publics externes.
Enfin, les actions de formation se poursuivent avec la mise à disposition de modules dédiés sur u[k]now pour compléter les dispositifs existants. Contre les incivilités, la BSCC riposte.
Pour en savoir plus
> La visite terrain à Molsheim (67) lors de laquelle la question des incivilités a été abordée.
> L’interview d’Anne Deschanel, responsable RPS (risques psychosociaux) diversité à la direction de la prévention Santé Sécurité au travail de la BSCC.