SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL
SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL
Pour la DEX Pays de la Loire, la santé et la sécurité au travail n’admettent aucun compromis
Pour la DEX Pays de la Loire, la santé et la sécurité au travail n’admettent aucun compromis


Les résultats de la DEX Pays de la Loire n’étant pas à la hauteur des ambitions de la BSCC sur l’accidentologie et la santé au travail (SST), le nouveau directeur exécutif Guillaume Mayeur a décidé de faire de ce sujet une priorité de tous les instants. En coopération avec l’ensemble des filières, avec l’appui de l’équipe SST et de l’ensemble du management, il a impulsé des mesures à fort impact
. Explications.

La DEX Pays de la Loire a vécu en matière d’accidentologie une année 2025 particulièrement insatisfaisante : « nous déplorons 280 accidents avec arrêt, soit 61 de plus qu’en 2024. 72 % ont eu lieu en travaux extérieurs, pour l’essentiel des accidents de la circulation sur vélo à assistance électrique et sur Staby. En travaux intérieurs, nous avons également eu trop d’accidents en lien avec la manutention. Pour enrayer cette tendance le nouveau directeur exécutif Bretagne-Pays de la Loire a engagé la DEX dans une dynamique nouvelle », explique Céline Cros, responsable de la qualité de vie, de la santé et de la sécurité au travail.

Accidentologie

Un changement de paradigme

Chaque agent doit travailler en toute sécurité, sans risque pour sa santé. Il est inconcevable de se blesser au travail : devenue une « véritable obsession », la protection de nos postières et postiers au travail a donc été érigée en priorité stratégique. Pour cela, il a fallu insuffler un changement culturel et passer « d’une culture zéro reste, fondée sur la distribution à tout prix, à une culture zéro risque, consistant à privilégier la santé d’abord », poursuit Céline Cros. Fin janvier 2026, une convention dédiée à la SST a été organisée au sein de la DEX. Regroupant le comité de direction, les directeurs d’établissement (DE), les responsables de l’exploitation et du service au client (RESC), la filière RH, dont la filière Santé et Sécurité au travail (SST). Elle a permis de partager le diagnostic SST et de passer en revue l’ensemble des actions à poursuivre ou à engager sans délai au sein des établissements de la DEX afin de réduire drastiquement le nombre d’accidents ou de presque accidents. Tous les sujets ont été abordés, sans tabou : l’engagement à très haut niveau, la nécessaire exemplarité des managers, la nécessité d’appliquer le système de management de la SST dont les standards ne sont pas optionnels, la démultiplication des bonnes pratiques, le fait de savoir dire non quand les risques sont trop importants ainsi que l’état d’esprit nécessaire au déploiement du programme « tous responsables pour
protéger ».  

Une transformation culturelle portée par la communication

La transformation culturelle initiée passe par un important travail de communication. « Nous communiquons sans relâche », souligne Céline Cros. Tous les vendredis, avec la direction de la communication de la DEX, nous travaillons main dans la main pour créer des outils de communication sur lesquels les RE et les ROP s’appuient pour mobiliser et sensibiliser les postiers lors des briefs. Ces supports de communication prêts à l’emploi leur permettent ainsi de mener à bien le travail de vigilance et de prévention grâce auquel la culture SST infuse. Parallèlement, différentes initiatives ont été mises en place pour donner vie à cette nouvelle culture santé et sécurité au travail.

Une forte implication du management

  • La SST au cœur des comités de direction : tous les comités de direction commencent désormais par un
    « Safety Moment » C’est l’occasion de partager sur une situation à risque ou sur les causes d’un accident qui s’est produit. Cette dynamique de partage se concrétise aussi par la tenue, tous les lundis, d’un
    « comité accidentologie » qui invite les directeurs d’établissements à présenter des analyses d’accidents et à proposer des plans d’actions pour que ces derniers ne se reproduisent pas. Ces plans d’actions sont suivis.
  • Notre directeur éxecutif est attaché à l’exemplarité comme valeur managériale : appliquer à soi-même et faire appliquer sans complaisance les règles de sécurité, c’est fondamental et cela guide notre action en matière de prévention.
  • Le management doit aussi être exemplaire dans l’application des routines managériales :

– les briefs quotidiens SST commencent par un échange interactif, puis mettent en perspective les indicateurs SST tels que le nombre de jours sans accident dans l’équipe et le nombre de jours sans sinistre, invitent à prendre en compte les difficultés terrain et abordent l’actualité du moment : risques météorologiques, accident ou incident survenu la veille, points d’attention particuliers. 

– en travaux intérieurs, les agents doivent bénéficier de temps d’observation en situation de travail (c’est ce qu’on appelle les POSST : prévention par l’observation SST). En travaux extérieurs, le manager est invité à réaliser des « tours terrains » extérieurs : il accompagne le postier sur une partie de la tournée, ce qui lui permet de bénéficier de conseils et de faire remonter, le cas échéant, les difficultés qu’il rencontre.

  • En cas d’accident du travail avec arrêt, une analyse des causes est systématiquement réalisée . Et on fait du jour de reprise un événement hors planning : le postier ne part pas en distribution, il est réaccueilli avec soin, est accompagné et réalise des formations, notamment en lien avec l’accident subi.

Une culture de la vigilance au quotidien renforcée par du management visuel

  • Le déploiement à venir des Safety Gates sur l’ensemble des établissements : testée à Saint-Nazaire, cette démarche de management visuel consiste à faire prendre conscience à tout postier qu’il doit, dès lors qu’il entre dans une zone à risque, respecter les standards de sécurité en vigueur, adopter les bons gestes et se vêtir de ses équipements de protection individuelle.
  • Management visuel toujours : des affiches sont présentes dans les garages pour rappeler les règles de sécurité relatives aux moyens de locomotion, des empreintes de pas sont matérialisées sur les plateformes des Stabys pour inciter chacun à poser ses pieds au bon endroit, et éviter l’accident du pied qui dépasse. Nous avons aussi testé les stickers sur les colis lourds ou volumineux pour sensibiliser les postiers. Dans le même esprit, des vignettes sont en cours de déploiement dans tous les véhicules pour que chaque conducteur pense à activer son frein à main quand sa voiture est à l’arrêt (l’oubli du frein à main est, hélas, source d’accidents). Et, bien sûr, nous n’oublions pas les stickers qui rappellent l’obligation d’attacher sa ceinture.

Un accent mis sur la formation et l’accompagnement

 

  • À son arrivée, Guillaume Mayeur a souhaité la création de 7 écoles métier pour les nouveaux arrivants : tout nouveau postier, quel que soit son statut – recruté en CDI ou en CDD, intérimaire ou alternant – est d’abord accueilli en établissement. Il y rencontre son manager, et découvre son environnement de travail. Le 2e jour est un jour de formation 100 % SST où les fondamentaux de la prévention lui sont notamment présentés, ainsi qu’une formation à la manutention manuelle. En 2025, 626 agents ont été formés et 282, lors du 1er trimestre 2026. C’est une fierté car nous avons considérablement diminué le nombre d’accidents pour les nouveaux CDD par exemple, passant de 23 au T1 2025 à 5 en 2026.
  • Une première tournée en étant accompagné : tout nouvel arrivant effectue sa première tournée avec l’appui d’un postier expérimenté. Ce principe de doublure dure jusqu’à ce qu’il soit capable de la mener en totale autonomie. C’est un incontournable.
  • L’organisation de challenges SST pour toutes les équipes : conçus pour sensibiliser aux bons gestes, ils mettent l’accent sur les risques en travaux intérieurs et en travaux extérieurs. Le challenge organisé en début d’année a suscité de l’intérêt, avec 2 442 participants, soit un taux de participation de près de 50 %.
  • Autre mesure phare : le recyclage de 100 % des conducteurs de Stabys et VAE en 2026. Un projet ambitieux : pour illustration, nous avons 800 conducteurs de Stabys !


Cette démarche coordonnée a d’ores et déjà permis de réduire le nombre d’ accidents : au premier trimestre 2026, nous déplorons 56 accidents avec arrêt, c’est trop, mais c’est 28 de moins qu’en 2025. Ce résultat démontre qu’avec un investissement sans relâche, une sensibilisation et une mobilisation à tous les niveaux, l’accidentologie n’est pas une fatalité. 
Nous visons le zéro accident. Il n’y a pas de « recette miracle, conclut Céline Cros, juste un engagement à très haut niveau, un rappel des standards à respecter sans concession, une analyse des écarts et une envie partagée de tous de faire toujours mieux».