Entré à La Poste il y a 24 ans, Adil Valentim Bouhafa a fait presque toute sa carrière en Île-de-France sous les couleurs de Colissimo. Après avoir gravi de nombreux échelons, il est directeur opérationnel territorial (DOT) Île-de-France depuis juin 2026. À un peu plus d’un mois du début de la Peak Period, Adil Valentim Bouhafa revient sur son parcours, nous présente ses priorités et partage les innovations déployées dans le cadre de Connexions 2030. Entretien.
Pouvez-vous présenter brièvement votre parcours à La Poste ?
J’ai déjà vécu une longue et belle histoire postale, avec un parcours un peu atypique. Ma carrière professionnelle a commencé à Milan, en Italie, durant trois ans, en parallèle de mes études. Fin 2002, j’entrais dans le Groupe, en intégrant la PNA, l’ancêtre de Mediaposte . Dès 2003, je rejoignais Colissimo. J’ai beaucoup appris et progressé sur le terrain puisque j’ai occupé les postes d’opérateur de livraison, d’animateur qualité, de responsable d’équipe, de responsable d’exploitation puis de directeur d’agence livraison. J’aime autant évoluer sur le terrain que relever des défis, notamment redresser des sites en difficulté, comme l’ACP du Plessis-Trévise (94), l’ACP Paris Val de Marne (75), l’ACP Gentilly (94) et le site de Paris-Keller. Devenu directeur d’établissement du centre Colissimo Paris Ouest & Nanterre (92) en 2015 puis directeur de la plateforme de Gennevilliers (92) en 2017, j’ai ensuite été chargé de monter la nouvelle plateforme Colissimo Île-de-France Nord au Thillay (95). J’y suis resté trois ans et demi avant d’être nommé directeur opérationnel livraison Île-de-France fin 2021. Enfin, depuis juin dernier, je suis DOT Île-de-France.
Quelle est, jusqu’à présent, la réalisation dont vous êtes le plus fier ?
C’est incontestablement le lancement de la plateforme Colissimo Île-de-France Nord située au Thillay. Nous partions d’une feuille blanche pour la créer de toutes pièces sur un champ de 11 hectares. En tant que chef de projet, j’ai suivi toutes les phases, la partie immobilière depuis les maquettes jusqu’à l’ouverture du site en octobre 2020, en passant par le recrutement de l’équipe, les réunions de chantier, le suivi de la construction de la machine de tri au Danemark et la pose de la première pierre. J’ai vécu cette passionnante aventure industrielle et humaine pendant trois ans et demi. Nous avions tout prévu sauf l’ouverture en plein confinement Covid alors même que le colis faisait face à un pic d’activité d’une ampleur inédite ! De ce fait, au lieu d’un démarrage en douceur avec 20 000 à 30 000 colis par jour, nous avons dû gérer 400 000 colis dès notre troisième semaine alors que l’équipe n’était même pas encore au complet. J’ai eu la chance de pouvoir m’appuyer sur un collectif formidable, motivé, soudé et mobilisé à 200 %. Nous étions en mode commando ! Nous avons tissé des liens profonds et durables. Aujourd’hui, cette plateforme, qui peut traiter jusqu’à 650 000 colis chaque jour, est l’une des toutes premières en France. C’est une immense fierté d’avoir contribué à sa naissance et à ses premiers pas.
Vous êtes aujourd’hui DOT Colis de l’Île-de-France. Quel est votre rôle ?
La DOT Colis IDF est composée de trois typologies d’entités : ACP (livraison de colis), PFC (traitement de colis) et transport. Elles sont réparties en 12 établissements et 25 sites et emploient un effectif permanent de 1800 personnes. Nous livrons 79 millions de colis par an et en traitons 280 millions dans nos plateformes. Ces chiffres en disent davantage qu’un long discours sur l’importance du rôle de notre direction. Pour accroître les volumes de colis, ma mission principale est de maintenir notre niveau de qualité tout en gagnant en compétitivité, grâce à la réduction et l’optimisation de nos coûts. C’est l’équation que nous nous efforçons de résoudre collectivement. Pour cela, la BSCC ne manque pas d’atouts ! Nous sommes notamment le seul opérateur ayant la capacité de traiter jusqu’à 4 millions de colis par jour sur tout le territoire national.
Quelles sont vos priorités immédiates ?
Ma priorité est de réussir la Peak Period qui commence fin novembre. C’est un moment essentiel pour la BSCC que nous préparons depuis juin, en étroite relation avec la direction des opérations afin d’établir les prévisions de volumes. Notre objectif national est de traiter jusqu’à 105 millions de colis pendant cette période. Pour l’Île-de-France, au pic de la Peak Period 2025, pendant les quatre jours suivant le Black Friday, les volumes sont montés à plus de 500 000 colis distribués par jour. Comme nous attendons la même cadence, nous sommes en ordre de marche pour tenir le rythme. Élargissement des plages de traitement, recrutement de CDD et d’intérimaires pour renforcer nos équipes, mobilisation de véhicules supplémentaires, coordination avec les plateformes régionales et nationales sur les horaires de départ et d’arrivée des camions, nous organisons tout minutieusement pour que la Peak Period 2026 soit à la hauteur de nos attentes et surtout des attentes de nos clients.
En lien avec la feuille de route de Colissimo, Connexions 2030, quelles principales actions menez-vous en Île-de-France ?
Nous déployons les cinq programmes structurants autour desquels notre plan est bâti :
« Préférence domicile », « Conquête hors domicile et retours », « Relais de croissance »,
« Livraison 2030 » et « Accélérateur Data – IA. ».
Pour réinventer le domicile, nous avons lancé plusieurs innovations. La photo du colis en boîte aux lettres lors de la livraison, avec notification, existe depuis un peu plus d’un an en Île-de-France. Nous avons déployé un créneau de livraison resserré à 2 heures, en nous appuyant sur l’intelligence artificielle générative.
Pour revenir dans le match du hors domicile, nous optimisons nos offres en vue de capter davantage de volumes, ce qui nous permettra de réduire nos coûts. Nous avons lancé la mise en sacs des colis livrés aux points relais. Le flashage se fait désormais par sac et non par colis. Les bénéfices sont multiples : réduction de la pénibilité, optimisation des coûts opérationnels et gain de temps dans les points relais.
Nous innovons sur tous les fronts, y compris dans les plateformes et dans nos modes de transport. Nous testons ainsi des bras robotisés pour décharger automatiquement les palettes sur le trieur dans deux de nos plateformes. Nous préparons aussi un nouveau mode de livraison par barge fluviale. Début 2027, une barge sera chargée chaque matin au port de Gennevilliers et naviguera jusqu’au port de Boulogne. Des vélos-cargos prendront alors le relais pour assurer la distribution sur Boulogne et Saint-Cloud (92). Une innovation vertueuse sur le plan économique mais aussi écologique.
En conclusion, si on se projette au terme de Connexions 2030, pour vous le plan sera une réussite si…
Connexions 2030 sera un succès si nous réussissons à capter plus de croissance et plus de volume . La DOT Île-de France joue un rôle-clé pour atteindre cet objectif national. Nous nous mobilisons au quotidien pour capter toujours plus de volumes afin de conforter la place du groupe La Poste de numéro 1 sur le domicile et gagner des parts de marché sur le hors domicile.
« La création de la plateforme Île-de-France Nord a été une passionnante aventure industrielle et humaine. »