Le 14 janvier dernier, la convention managériale Santé sécurité au travail (SST) marquait le point de départ d’une véritable transformation culturelle. Son ambition ? Renforcer durablement la santé et la sécurité au travail de tous les postiers pour qu’il n’y ait plus d’accident grave* ou mortel. Six mois après, un chemin significatif a déjà été parcouru et de nouvelles étapes commencent. La BSCC lance ainsi une dynamique d’ampleur axée sur le respect impératif de « lignes rouges ». Des règles qui sauvent, dont l’efficacité repose sur l’implication sans faille des managers.
Signée par tous les membres du Comité exécutif de la BSCC, la lettre d’engagement érigeait en début d’année la Santé et la Sécurité au Travail (SST) de l’ensemble des postiers comme notre priorité absolue sur tous les territoires.
Faire de la prévention l’affaire de tous
« Le 14 janvier, nous avons lancé une démarche ambitieuse en vue de soutenir notre progression en matière de SST, rappelle Delphine Desroche, responsable pôle prévention primaire et dialogue social SST. Nous avons fixé l’objectif de zéro accident mortel en 2026, que nous atteignons pour le moment alors que nous déplorions 2 décès accidentels en 2025. Nous visons aussi une forte réduction des accidents graves, c’est-à-dire de ceux qui génèrent plus de six mois d’arrêt de travail. Nous en avions 178 en 2025, nous validerons en fin d’année que nous avons bien réussi à infléchir ce chiffre. »
Une démarche structurée autour d’un socle et de quatre piliers
Orientée vers une culture juste et équitable et une maîtrise de la SST, notre démarche est bâtie sur un socle et s’articule autour de quatre piliers (voir schéma n°1).
Le socle : le leadership SST. Chaque manager doit construire avec son équipe une vision partagée de la santé et de la sécurité et mettre en place les conditions nécessaires pour rendre chacun pleinement acteur de la prévention au quotidien.
Premier pilier : mieux comprendre nos comportements, à travers le dispositif « Tous responsables pour protéger ». Ce dernier se traduit par le déploiement de huit ateliers dédiés à la compréhension des facteurs humains. « La démarche est bien avancée, puisque notre premier atelier « L’erreur est par nature involontaire » a déjà été suivi par 40 000 postiers de la BSCC, soit plus de 58 % de notre cible finale. C’est un excellent résultat », se réjouit Delphine Desroche. Plus récemment déployé, le deuxième atelier « Je ne perçois que ce que j’ai appris à percevoir » prend un chemin prometteur, puisque 3 000 personnes étaient déjà formées avant les congés d’été. Les six ateliers suivants seront déployés d’ici fin 2027.
Deuxième pilier : renforcer la reconnaissance des comportements protecteurs. Briefs, débriefs ou actions de prévention par l’observation de la santé et sécurité (POSST) sont quelques-unes des occasions propices pour valoriser les bonnes pratiques qui contribuent à la sécurité de tous et, inversement, pour identifier et corriger ce qui fonctionne mal. Ce sont des démarches récurrentes dont les fondamentaux continuent à être régulièrement rappelés.
Troisième pilier : adopter les « lignes rouges » à ne pas franchir sous peine de prendre un risque majeur pour sa sécurité.
Quatrième et dernier pilier : garantir une réaction juste et adaptée lorsqu’un accident survient. Une analyse approfondie est indispensable pour comprendre les causes réelles de l’accident et définir les actions justes et équitables à mettre en œuvre.
Les « lignes rouges », des règles qui sauvent
Nos « lignes rouges » identifient les situations dans lesquelles un écart de comportement peut entraîner un accident grave, générant plus de 6 mois d’arrêt, voire un accident mortel. Franchir l’une d’entre elles, c’est prendre un risque majeur pour sa sécurité et/ou sa santé et aussi celle des autres « Pour être efficaces, les lignes rouges doivent être systématiquement respectées, souligne Delphine Desroche. Elles sont à la fois incontournables, non négociables, applicables et communes à tous. »
Dix « lignes rouges » ont été définies (voir encadré 1) : quatre à l’issue d’une démarche participative menée avec le Groupe ; une cinquième est dans les actes managériaux fondamentaux (= je refuse tout objet au sol) ; trois ont été travaillées au niveau de la BSCC avec toutes les DEX, et deux seront à la main des DEX, en fonction des diagnostics et risques prioritaires de leur région.
Les managers, premiers acteurs de l’appropriation des « lignes rouges »
Aux avant-postes de la réussite de notre démarche SST, les managers doivent faire connaître les « lignes
rouges » à leurs collaborateurs et s’assurer que chacun comprend leur importance. À eux également de mettre en place les moyens nécessaires pour faciliter leur application et de les intégrer dans les rituels managériaux afin de les faire vivre sur le terrain. « Surtout, les managers doivent montrer l’exemple en s’appliquant les
« lignes rouges » à eux-mêmes au quotidien, insiste Delphine Desroche. Tenir la rampe de l’escalier, s’arrêter pour consulter son smartphone, mettre sa ceinture de sécurité, doivent être des réflexes. » Outre cette exemplarité, facteur-clé de succès de la démarche, cinq actes managériaux fondamentaux ont été définis (voir encadré 2) comme des corollaires indispensables des lignes rouges. En cas de non-respect d’une ligne rouge, le manager doit analyser la situation rapidement afin de comprendre les circonstances et d’engager les actions correctives nécessaires. Et ce, pour apporter une réponse adaptée, cohérente et équitable.
Communication et formation : soutenir les managers
Chaque manager va recevoir prochainement un kit de communication comprenant une note de sens signée par Yves Arnaudo, directeur des ressources humaines et des relations sociales de la BSCC ; une affiche exposant les « lignes rouges », un ETC et huit briefs prêts à l’emploi à démultiplier auprès de leurs équipes – L’ETC présente la démarche dans son ensemble puis les briefs, par ligne rouge. L’ambition est de les déployer à raison d’un brief tous les quinze jours.
Pour aider les managers à développer leur leadership SST, un programme de formation est mis en place. « Plus la vision partagée de la santé et de la sécurité sera comprise, portée et appliquée par toutes et par tous, plus la culture SST contribuera à la performance et aux progrès de la BSCC », ajoute Delphine Desroche. Parce que le leadership en SST ne s’improvise pas, la BSCC a conçu et déployé un parcours de formation dédié. Déployé durant deux ans, il vise à acquérir des comportements vertueux (voir schéma n°2). Sept modules d’e-learning, d’une durée de 45 minutes chacun, conçus avec l’Institut pour une culture de la sécurité industrielle (ICSI) seront proposés aux managers, dont trois dès le mois de septembre 2026. Un parcours essentiel à l’application systématique des « lignes rouges », pierre angulaire de notre transformation SST.
* Accident grave = accident générant plus de 6 mois d’arrêt de travail
Pour découvrir les trois premiers modules de e-learning disponibles, cliquez ici : « Introduction au leadership SST »,
« Prévenir les accidents graves », « Développer une culture juste et équitable ».
Les « lignes rouges » (Encadré 1)
– Je porte mes équipements de protection individuelle
– J’arrête de me déplacer, marcher ou conduire avant de manipuler mon smartphone
– Je ne travaille jamais sous l’influence d’alcool et/ou de stupéfiants
– Je porte la ceinture de sécurité en circulation, correctement attachée
– Je tiens la rampe dans l’escalier
– J’arrête une machine de tri avant toute intervention
– J’autorise le départ du camion une fois le chargement et déchargement terminés et la remorque fermée et/ou la porte à quai fermée
– Je ne rentre pas dans une propriété en présence d’un chien
Cette liste peut être complétée par une à deux « lignes rouges régionales » définies par chaque DEX.
En bleu : « lignes rouges » définies au niveau du Groupe
Les actes managériaux fondamentaux
(Encadré 2)
– Je contrôle que chaque agent, avant tout démarrage d’une nouvelle d’activité, dispose de l’habilitation requise
– Je m’assure qu’un véhicule identifié comme non conforme par un agent ne soit pas utilisé
– Je refuse tout objet au sol
– Je mets à disposition les systèmes d’aide à la manutention
– J’organise une cellule de crise intempéries quand le niveau d’alerte le justifie