L’été 2026 a été marqué par des aléas climatiques d’une ampleur inédite. Les canicules à répétition et les méga-feux ont mis les équipes de la BSCC à rude épreuve, professionnellement et personnellement. Aussi engagées qu’ingénieuses, elles ont réussi à s’adapter en un temps record à ces circonstances hors du commun. Gaëlle Le Faucheur, directrice gestion de crise et continuité d’activité et du BACO*, revient sur cette mobilisation face à l’urgence et présente les mesures prises pour mieux anticiper cette nouvelle donne climatique. Rencontre.
Comment les équipes opérationnelles ont-elles vécu les canicules à répétition et comment se sont-elles adaptées ?
L’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900. Les records de 2003 et de 2022 ont été pulvérisés. Les canicules ont été exceptionnelles par leur intensité comme par leur durée. La France a été confrontée à 59 jours de canicule. 90 départements ont été simultanément placés en vigilance orange ou rouge, soit une couverture quasi totale de la France hexagonale. La vigilance rouge était d’ailleurs une première pour de nombreux départements du Grand Est, de Bretagne et de Normandie.
À la BSCC, nous savons faire face aux pics de chaleur et nous avions bien sûr un stock conséquent d’équipements individuels, notamment de gourdes isothermes ou encore des rafraîchisseurs de cou, mais ces protections individuelles se sont avérées insuffisantes face à ces conditions extrêmes. Il faut se souvenir que les températures pouvaient atteindre 50 degrés dans les caisses mobiles au moment du déchargement ! Sur le terrain, les équipes opérationnelles ont adapté les organisations afin de protéger au mieux les postiers. Pour les travaux extérieurs, les tournées commençaient plus tôt et s’arrêtaient en début d’après-midi en cas de vigilance orange et à la mi-journée si la vigilance passait au rouge. Nous avons informé au mieux nos clients déposants et Collecte Remise de ces aménagements d’organisation, ce qui a parfois entraîné des frictions. Les travaux intérieurs ont également été impactés, nos bâtiments industriels n’étant pas toujours adaptés à de tels niveaux de chaleur. De nombreuses mesures ont été prises face à l’urgence : création de « pièces fraîcheur », mise à disposition d’eau fraîche en permanence, déplacement des places de stationnement vers des zones ombragées, arrosage des caisses mobiles pour réduire la température intérieure… Malgré la crise, nous avons réussi à déployer, à la demande du Premier ministre, le dispositif « Vigie canicule » dans le cadre duquel nos factrices et facteurs ont effectué des visites de proximité pour veiller sur les personnes âgées, isolées ou vulnérables. Ils ont aussi joué un rôle de relais prévention en partageant auprès des habitants les bons gestes à adopter face à la chaleur. En mobilisant nos équipes pour protéger les populations, nous avons à nouveau démontré que La Poste sait mener des actions d’envergure dans des circonstances inédites.
Concernant les incendies majeurs, qui ont notamment frappé les Landes et la Gironde, la situation était encore plus éprouvante. Comment les équipes les ont-ils vécus ? Quelles ont été les mesures mises en place ?
C’est la première fois depuis la guerre que des évacuations préfectorales d’une telle ampleur avaient lieu.
220 000 personnes ont été concernées ! Le directeur d’établissement de la Plateforme Industrielle Courrier ( PIC) de Cestas a décidé d’évacuer le site avant même l’ordre préfectoral. L’épreuve dépassait très largement le cadre professionnel puisque nos équipes landaises et girondines habitaient les zones exposées. De nombreux postiers, eux-mêmes évacués, craignaient pour leur habitation. Tous ont fait preuve de sang-froid pour continuer à remplir leur mission. Les flux ont été réorientés vers d’autres PIC, ce qui était essentiel notamment pour nos clients déposants presse tels que le quotidien Sud-Ouest. Après les incendies, les équipes locales sont restées mobilisées auprès des 250 familles qui ont perdu leur logement notamment en mettant en œuvre des solutions innovantes de garde du courrier. Sur les sites concernés, les managers et les équipes Ressources humaines ont réagi avec beaucoup d’empathie et d’efficacité, en prenant la mesure de l’épreuve personnelle que les équipes traversaient. Un accompagnement psychologique a été mis en place.
Face à ces crises appelées à se reproduire, de quels outils la BSCC dispose-t-elle ?
Il nous faut transformer notre capacité à réagir dans l’urgence en une continuité d’activité anticipée, standardisée et outillée. Pour cela, nous poursuivons le déploiement des plans de continuité d’activité (PCA) climatiques visant à prévoir des réponses adaptées face à chaque type de risque : canicule, inondation, incendie, tempête… Munis de ces PCA climatiques, qui intègrent les retours du terrain, nous sommes en ordre de marche pour prioriser les activités qui doivent l’être, notamment la livraison des petits plats portés aux personnes âgées. Ces dispositifs prévoient aussi que chaque site dispose en permanence d’un stock suffisant d’équipement individuels disponibles.
Parmi les mesures d’anticipation, nous testons à large échelle de nouveaux équipements visant à protéger nos collaborateurs des fortes chaleurs. Nous espérons aussi pouvoir modifier nos conditions générales de vente et nos contrats pour y inclure des clauses prévoyant l’adaptation de nos organisations en cas d’évènement climatique majeur. Concernant l’adaptation de notre parc immobilier et de notre flotte de véhicules aux fortes chaleurs, d’importants investissements sont nécessaires. Ce chantier est donc traité de manière plus progressive, en étroite coordination avec le Groupe.
Face à une crise climatique, comment la mobilisation s’organise-t-elle ?
Notre dispositif de crise est gradué et calqué pour les évènements climatiques sur les niveaux de vigilance météo : jaune, orange et rouge. À chacun correspond une réponse organisationnelle précise. En cas de vigilance jaune, une cellule de réponse d’urgence est mise en œuvre par le directeur d’établissement. Lorsque la vigilance est orange, la coordination s’inscrit dans un périmètre départemental au niveau du Directeur Opérationnel (DO). Enfin, face à une vigilance rouge, une cellule de crise régionale ou suprarégionale est montée au niveau de la DEX ou de la DOT, avec la possibilité d’une mobilisation nationale, si par exemple, plusieurs régions sont simultanément touchées comme cela a été le cas cet été pour ces évènements climatiques.
Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser aux équipes exposées aux événements climatiques cet été ?
Il tient en deux mots : bravo et merci. Bravo pour votre polyvalence, votre ingéniosité et votre agilité. Et merci pour votre engagement sans faille, votre solidarité et votre esprit d’entraide. Pendant une période de congés, nous nous sommes tous mobilisés, que ce soit les équipes transport, de la PIC de Cestas, des DEX, des DOT des RH mais aussi les équipes juridiques, commerciales, supports en général. Chacun a répondu présent pour trouver des solutions permettant de servir nos clients et de protéger nos collaborateurs. Et pour finir je tiens aussi à saluer l’engagement de mon équipe à la DGCB qui reste toujours disponible pour apporter soutien appui et expertise dans les situations de crise. N’hésitez pas à nous solliciter en cas de besoin (dc.baco@laposte.fr), nous répondrons présents !
* Bureau d’Analyse et de Coordination Opérationnelle.
« Sur le terrain, les équipes opérationnelles ont fait preuve d’agilité pour adapter les organisations le plus vite et le mieux possible afin de protéger les postières et les postiers. »